la liste : comment prendre en main sa vie sexuelle de joanna bolouri


Note : 2/5
Un roman navrant, une héroïne vulgaire et pathétique.

 

276 pages en version numérique.

 

Extrait :
" - Ok, mais te connaissant, j'imagine que c'est un truc du style faire l'amour avec la lumière allumée, ou embrasser avec la langue, ou baiser sans avoir pris de douche...
- Putain, je ne suis pas aussi coincée que tu l'imagines. Pour ta gouverne, sache que c'est assez cochon.
Il a éclaté de rire.
- J'en doute. Je plains le pauvre gars qui va devoir supporter ça. Qui est l'heureux élu ?
Je l'ai regardé droit dans les yeux avec un grand sourire."


Intrigue du roman :

 

La nouvelle année est toujours l'occasion de prendre de bonnes résolutions mais pour Phoebe, pas question cette fois de donner dans la banalité, genre faire du sport ou se lancer dans un régime. De toute façon, elle ne s'y tient jamais. Non, là elle a besoin d'autre chose. Après une rupture qui l'a mise à l'envers et dont elle n'arrive toujours pas à se remettre depuis presque un an, Phoebe est bien décidée à tourner enfin la page. Quoi de mieux alors comme résolution que celle de pimenter sa vie sexuelle. La voilà donc avec une liste de dix pratiques sexuelles qu'elle est bien déterminée à essayer. Une année pour donner libre cours à ses fantasmes sans engagement ni sentiments... Enfin c'est ce qu'elle croit.


Critique:

 

"La liste : comment prendre en main sa vie sexuelle", premier roman de Joanna Bolouri (2014) est loin, très loin d'être de la grande littérature.

Oreilles, ou devrais-je dire, yeux chastes s'abstenir parce qu'on est dans du graveleux et du vulgaire du début à la fin, puisque Phoebe est une héroïne qui jure comme un charretier et parle de sexe aussi crûment qu'un mec lors d'une troisième mi-temps bien arrosée.

D'ailleurs, qu'est-ce qu'elle boit ! Impossible de compter les litres d'alcool qu'elle ingurgite ni le nombre de cuites qui s'en suivent. Tequila, gin, vodka, whisky, vin, tout y passe. Elle clope pas mal aussi et ses copines ne sont pas en reste. Entre son langage fleuri, ses gueules de bois et ses parties de jambes en l'air qui ne sont pas décrites mais suffisamment évoquées, cette lecture est un gouffre sans fond de mauvais goût. Ah oui, j'oubliais, elle a un travail mais on se demande bien ce qu'elle y fait à part penser, écrire, parler sexe et passer à l'acte.
Cette jeune femme est pathétique tout comme son univers et tous ceux qui la côtoient en tiennent une sacrée couche.

On passe du début du roman à une fille mal dans sa peau, presque coincée sexuellement, à une nympho à la libido exacerbée qui ne pense qu'à baiser, pour parler comme elle. Elle réfléchit avec son clito et saute pratiquement sur tous les mâles qui lui tombent sous la main, en plus de son partenaire de jeu en la personne de son meilleur ami, Oliver. Je ne spoile rien en disant ça, car on sait vite que le choix va se porter sur lui et qu'il va accepter de l'aider à mettre en œuvre sa liste de 10 pratiques sexuelles dans laquelle figure, par exemple, l'incontournable se faire prendre par derrière. Notez qu'elle établit aussi une liste des cinq choses qu'elle ne veut surtout pas faire comme le fist-fucking. Voilà voilà...
On sait aussi très bien comment l'histoire va se finir et ce même si l'auteure nous a prévu une petite surprise et quelques rebondissements entre temps, toujours d'ordre sexuels évidemment. Pourquoi s'en priver hein ?
Ce roman est donc absolument dénué d'intérêt. Le sexe pour le sexe sans amour, n'a aucun charme. Ce n'est ni sexy, ni glamour. Par ailleurs, une héroïne qui ne pense qu'à se faire "tringler" n'a rien d'attirant littérairement parlant. En dehors de ça, je laisse aux hommes le soin de dire si ce genre de femme exerce sur eux une force d'attraction particulière, ce qui semblerait être le cas à en lire ce livre.
Bref, un roman désolant de bout en bout et terriblement ennuyeux même si la forme "journal" un peu à la Bridget Jones, donne du rythme. Combien de fois ai-je eu envie d'arrêter de lire ce bouquin ? Trop, beaucoup trop.
En notes positives, je peux dire que j'ai souri de temps en temps et que j'ai apprécié une petite bouffée d'oxygène vers la fin, au moment où Phoebe se calme sur son obsession de tirer un coup à tout bout de champ pour être un peu plus dans l'introspection, laissant présager un dénouement qui serait plus dans l'émotion. Mais non, même pas, la fin est frustrante par sa soudaineté. L'auteure n'a pas saisi ce moment pour donner un peu de profondeur à tout ça, sans mauvais jeu de mots.
Avec une écriture moins salace, du sentiment, un récit concentré sur le couple atypique Phoebe/Oliver et une bonne touche d'érotisme, l'histoire aurait pu donner quelque chose de pas mal, mais on en est loin.

Si je devais résumer en un mot ce roman : navrant.



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Mise en ligne le 5 novembre 2016.