rsvp de helen warner


 

 

Note : 4.2/5
Un tourbillon de rebondissements et d'émotions.

 

Extrait :

" Les mots flottent devant ses yeux, elle ne parvient plus à les lire. Elle remet rapidement la carte dans l'enveloppe et la fourre au fond de la poche de son peignoir, avant d'aller à pas feutrés dans la cuisine. Soudain prise de vertige, elle titube vers l'évier et vomit. Puis, alors qu'elle tente, la gorge serrée, de respirer à pleins poumons et qu'elle s'accroupit frissonnante sur le carrelage en ardoise, elle s'étonne une fois encore de la façon dont se manifeste physiquement la plus banale des émotions : la souffrance d'un cœur brisé."


Intrigue du roman :

 

Quatre femmes, un mariage, un passé qui ressurgit, des douleurs qui refont surfaces, des désirs inassouvis, des espoirs perdus, des sentiments compliqués et une journée au cours de laquelle rien, absolument rien ne va se passer comme prévu.
Quatre vies et un peu plus, à jamais bouleversées. Pour le meilleur ou pour le pire ?


Critique :

 

RSVP est le premier roman écrit pas Helen Warner (2011). Servi par une écriture fluide, il s'avère prenant voire trépidant et on ne voit pas passer les 500 pages.
L'histoire qui repose sur quatre héroïnes, Anna, Clare, Rachel et Ella, est dynamique et sans temps mort. Ce sont en effet autant de personnalités, de caractères et de vies différentes qui viennent alimenter un récit construit avec intelligence.
L'auteure a choisi de raconter leurs histoires respectives et leur histoire commune via une construction narrative consistant à affecter des chapitres à chacune d'elles à tour de rôle. Cette alternance permet de révéler ce qui relie et éloigne les quatre jeunes femmes, tout en alimentant et titillant notre intérêt, puisque les informations sont dévoilées progressivement jusqu'à ce que les convergences et les divergences entre elles nous apparaissent clairement et que le puzzle du passé soit entièrement reconstitué. 
Ainsi, le premier tiers ou presque de "RSVP", partant du prétexte du prochain mariage de Rachel et Toby, dont Anna était éperdument amoureuse dix ans plus tôt, est composé d'incessants flash-back qui nous font naviguer entre le présent, 2010 et le passé sautillant sur 1997, 1999, 2000 et 2005. Être capable de construire un récit sous différents angles de vue et différentes périodes sans perdre en cohérence, tout en conservant suffisamment de points d'interrogations à chaque nouvelle révélation pour nous inciter à poursuivre notre lecture, est une belle prouesse. Bien que l'exercice ne soit pas simple, l'auteure s'en sort plutôt pas mal, il faut juste bien suivre.   
Même si cette entame du roman est agréable à lire il n'y a pas de grande effervescence et j'ai craint que la suite ne soit d'une banalité affligeante. En fait, c'est tout le contraire, parce que lorsque le jour du mariage arrive, une nouvelle histoire commence ou plutôt quatre nouvelles histoires. 
À partir de là, fini les allers-retours passé-présent et place à un récit qui s'emballe. Je n'ai pas le souvenir d'avoir lu une Chick Lit avec autant de rebondissements. Le fait d'avoir quatre héroïnes démultiplie en effet l'action mais aussi les émotions. J'ai été alors prise dans un vrai tourbillon qui s'est encore amplifié dans la dernière ligne droite.
La fin est digne d'une comédie romantique hollywoodienne. J'irai même plus loin, ce livre est un film. Je verrai parfaitement une adaptation cinématographie de cette histoire. M’étant sentie plus spectatrice que lectrice, je ne me suis pas particulièrement attachée aux personnages, mais dans ce cas de figure ce n'est en rien une remarque négative.
Je mettrai en revanche deux bémols à ce bouquin en raison de deux petites frustrations.
Je regrette que Helen Warner ne soit pas allée au bout de l'histoire de Ella. Elle nous offre l'amorce de quelque chose mais j'aurais aimé en voir la concrétisation. C'est le cas pour les trois autres héroïnes, alors pourquoi s'être arrêtée en chemin pour Ella ?
Enfin, si les personnages féminins principaux sont très bien construits malgré quelques clichés et que les personnages secondaires, notamment masculins, ne sont pas en reste, j'aurais aimé avoir un peu plus de consistance psychologique les concernant. On sait tout ce qui se passe dans la tête des quatre jeunes femmes mais pas dans la leur, pourtant ils subissent autant de bouleversements que ces demoiselles. L'auteure a fait le choix du zoom total sur Anna, Clare, Ella et Rachel, laissant les mâles en arrière plan. C'est le parti prix de Helen Warner, mais un petit manque pour moi. 

Laissez-vous surprendre par "RSVP", un tourbillon de rebondissements et d'émotions dans lequel nous embarquent quatre jeunes femmes en quête d'amour. 



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Mise en ligne le 31 janvier 2017