TAKEOVER : ENTREPRISE DE SEDUCTION DE ANNA ZABO


 

 

Note : 3/5
Un roman qui manque de consistance. Vite lu et tout aussi vite oublié.

 

Extrait :
" Michael était au courant de son homosexualité. Il l'avait sentie de façon charnelle, viscérale et cette pensée terrifiait Sam autant qu'elle l'excitait. Un collaborateur, un contact direct. Un subordonné. La dernière personne au monde avec laquelle il devait coucher. Ou qu'il devait supplier.
Sam ne prendrait pas ce risque. "


Intrigue du roman :


Une partie de jambes en l'air sans conséquence entre deux mecs qui ne se connaissent pas, voilà ce qu'aurait dû être cette baise entre Michael et Sam sur Curaçao, la plus gay des îles Caribéennes.
Michael cherchait un dominateur dans la vie de tous les jours, un costard cravate dont personne n'aurait imaginé qu'il se soumettrait sexuellement, et voilà qu'à la veille de son départ il le trouve enfin. Dès qu'il l'a vu entrer dans ce bar, avec le poids du monde sur ses épaules, il a su que Sam était ce mec-là.
Sam avait quant à lui besoin de décompresser, de quelqu'un qui lui fasse oublier toutes ses responsabilités, son nouveau job, son statut et sa réussite. Il avait besoin de quelqu'un qui oserait lui donner le plaisir désiré depuis tant d'années mais impossible à assouvir sauf à risquer sa carrière alors que son travail c'est toute sa vie. Il rêvait de quelqu'un qu'il pourrait supplier sans que cela porte à conséquence et voilà qu'un magnifique jeune homme avait répondu à ses attentes bien au-delà de ses espérances. 
Une seule et unique relation sexuelle d'une intensité extrême. Pas de nom, pas de détails. Ce qui se passe à Curaçao reste à Curaçao... enfin, presque.
Quelques jours après cette expérience que ni l'un ni l'autre n'a réussi à oublier, Michael et Sam vont être confrontés à une réalité qu'ils n'avaient pas envisagée. Sam n'est autre que S. Randell Anderson, le nouveau directeur général de la boîte dans laquelle travaille Michael. 


Critique :

 

Disons le tout de suite, cette romance, gay érotique n'est pas transcendante.
Le lecteur se retrouve dès les premières lignes dans le vif du sujet. Une rencontre dans un bar, une drague expresse et une baise mémorable pour les deux héros. On sent déjà le côté SM de leur relation et ceci ne va faire que s'amplifier au fur et à mesure de l'avancée du livre. Pour autant les scènes de sexes, bien que très bien écrites, manquent d'intensité a fortiori dans un contexte de relations sexuelles comme celles-là. Cependant, l'idée du mec dominateur dans son boulot et soumis au lit et inversement pour son partenaire, était bien trouvée.
Malheureusement, les personnages ne sont pas assez travaillés à mon sens. Il aurait fallu pousser un peu plus leur psychologie et leurs histoires respectives. On a certes des révélations sur leur passé mais c'est traité trop superficiellement alors que cela aurait permis à l'inverse de donner une autre dimension à Michael et Sam.
On a heureusement parfois un sursaut d'émotions à travers les tourments de Sam face à son désir pour Michael. Ces instants-là sont intéressants mais insuffisants pour nous impliquer totalement dans le récit. Pourtant, qu'est-ce qu'on aime quand Sam est perdu entre les désirs de son corps et de son cœur et ce que sa raison lui dicte.
Si les héros manquent de consistance, les quelques personnages secondaires sont insignifiants. Dommage là aussi, car, au-delà de l'histoire d'amour entre Michael et Sam, l'auteur tente d'apporter une profondeur au roman en intégrant une intrigue sur la viabilité de l'entreprise et de possibles magouilles à la tête de celle-ci. Malheureusement, on ressent plus tout ça comme un prétexte mal exploité.
En gros on a tous les ingrédients pour un excellent roman, mais ils sont tellement dilués que le résultat n'y est pas. Pas de surprise, pas de rebondissement, pas de suspens.
S'agissant du titre français "Takeover : entreprise de séduction", c'est bof bof. En version originale il n'y a que "Takeover" qui peut se traduire par "prise de contrôle". C'est pas génial non plus mais on peut y voir un double sens et une certaine logique même s'ils auraient pu trouver mieux. En français, le titre ne rend pas.
Notons cependant, pour finir sur une touche positive, que l'écriture est fluide et agréable.
Ce livre de 169 pages se lit facilement et rapidement, mais vite lu vite oublié. Il est très loin de la qualité de "Fairfield, Ohio" ou "Hors jeu", qui pour moi sont deux pépites du genre romance gay érotique.  



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Mise en ligne le 6 juillet 2016.