JE SUIS UNE LEGENDE DE RICHARD MATHESON 


 

Note : 5/5

Un grand classique SF de 1954. Indémodable.   

 

Extrait :

" Il se brossa les dents avec soin, utilisant même un fil dentaire. Il faisait très attention à ses dents car, à présent, il était son propre dentiste. Il pouvait négliger beaucoup de choses, mais pas sa santé. Dans ce cas, tu attends quoi pour arrêter de picoler ? se dit-il. Et toi, tu attends quoi pour la boucler ? se répondit-il."

 


Intrigue du roman :

 

Cela fait cinq mois maintenant que Robert Neville est seul et qu'il lutte pour sa survie dans un monde en mutation où ceux de son espèce ont apparemment disparu. Il se raccroche parfois à une infime probabilité que quelque part des gens comme lui continuent à se battre, mais plus le temps passe plus les chances s'amenuisent.
Foutue épidémie qui a décimé peu à peu la population dont sa fille et sa femme et laissé place à d'autres, les mêmes mais différents. Des suceurs de sang. Vivants ? Morts ? Les deux ?
Robert ne comprend pas le mécanisme de cette contagion, ses évolutions et pourquoi il n'a aucun symptôme. 
Barricadé dans sa maison la nuit et les jours sans soleil, préparant pieux en bois par centaines et chapelets d'ail protecteurs, Robert les entend roder autour de son domicile espérant qu'il sorte, l'appelant pour obtenir cette satisfaction suprême de le voir enfin s'en remettre à leur merci.
Pourquoi pas, après tout. Il deviendrait alors comme eux et ne ressentirait plus cette souffrance qui l'assaille constamment.
Mais l'instinct de Robert est celui d'un battant, d'un combattant. Jamais il ne renoncera...


Critique :

 

Richard MATHESON nous livre un roman haletant, mélange de huis-clos anxiogène et de fureur de vivre. Bien qu'écrit en 1954, il est indémodable et fait partie des grands classiques du genre science fiction.
Le style est d'une redoutable efficacité : une écriture simple presque sans dialogues, une histoire sans fioritures et un personnage central, Robert Neville, que l'auteur a travaillé avec une finesse psychologique d'une grande crédibilité. Ce héros sonne vrai dans toutes ses attitudes et ses pensées les plus profondes.      

Matheson va droit à l'essentiel sans se perdre dans des méandres inutiles et nous capte du début à la fin dans cette lutte acharnée que va mener le héros, contre ce qui l'entoure et contre lui-même.
La fin est d'une simplicité implacable et ses quatre derniers mots restent comme suspendus dans le temps et l'espace.

Le livre refermé, Robert Neville nous manque déjà.  




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Mise en ligne février 2016

MAJ le 20 mars 2016