la maison du sommeil de Jonathan coe


 

 

Note : 4.5/5
Un roman déroutant, prenant, hypnotique, atypique.

 

 

Extrait :
"[...] car, au coeur de ce fatras, de ses convergences troublantes entre le passé et le présent, il y avait au moins une vérité indéniable.
Personne ne mentait dans son sommeil."

 


Intrigue du roman :


Dans les années 1983 et 1984, l'imposante et sinistre bâtisse d'Ashdown était une résidence étudiante où se sont croisés Sarah, la narcoleptique, Gregory, le manipulateur, Robert, le gars discret mal dans sa peau, Terry le fou de cinéma, Véronika, la passionnée et Rubby, la fille des gardiens alors âgée de 8 ans.
Séparés les uns des autres, chacun a suivi son chemin. Pourtant en juin 1996, la propriété d'Ashdown, devenue une clinique du sommeil toujours aussi inadaptée à la présence humaine, va  de nouveau venir interférer sur leurs destins.

Comment ? Pourquoi ? Et quelles vont en être les conséquences cette fois ?


Critique :


Ce roman de l'auteur britannique Jonathan Coe, est aussi inclassable qu'étrange dans tous ses aspects, qu'il s'agisse de l'intrigue, des personnages ou de la construction même du livre.
Au risque de déflorer l'histoire, l'intrigue ne peut se résumer qu'à des étudiants dont les destins croisés il y a 12 ans, se recroisent 12 ans après. Pourtant ce livre est beaucoup plus que ça.

En entrant dans ce roman, on ne sait absolument pas où on va, mais c'est un vrai plaisir que de se laisser emporter dans ses méandres complexes et tordus.
Les personnages sont d'une telle complexité psychologique qu'ils en deviennent non pas attachants, mais fascinants.
Quant à la construction même du roman, elle est très spécifique et parfois déroutante.
Le récit est composé de détails qui paraissent anodins et de passages qui semblent sans intérêts, mais tout à sa raison d'être. Il faut rester attentif pour reconstituer le puzzle. D'ailleurs, je conseille fortement de lire ce livre sur un temps concentré, au risque d'oublier certaines choses et de vite se trouver perdu.
Alors le sommeil me direz-vous ? La relation au sommeil est omniprésente. C'est un fil conducteur jusqu'aux toutes dernières lignes.

La fin est déconcertante à l'image du reste.
Ce roman est intelligent, bien écrit. L'exercice difficile auquel s'est prêté Jonathan Coe est réussi.  Les rebondissements sont nombreux et aiguisent notre appétit.
En conclusion, "La maison du sommeil" est un livre dingue, déroutant, prenant, hypnotique, atypique. C'est un O.L.N.I., un objet littéraire non identifié, qui ne laissera personne indifférent. On aimera ou on détestera.




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Mise en ligne le 25 avril 2016