le parrain de mario puzo


 

Note : 4/5
Entre fascination et répulsion, un univers mafieux loin des clichés.

 

Extrait :
" Don Vito Corleone était un homme à qui tout le monde venait demander aide et assistance et qui jamais ne décevait ceux qui s'adressaient à lui. Jamais il ne faisait de vaines promesses ; jamais il ne cherchait à se dérober en alléguant qu'il existait dans le monde des puissances supérieures qui lui liaient les mains ; il eût tenu cette excuse pour lâcheté. Il n'était pas nécessaire qu'il fût personnellement votre ami ; il importait peu que vous fussiez ou non en mesure de le payer de retour. Il n'avait qu'une exigence : que vous vous déclariez vous-même son ami. "


Intrigue du roman :

 

Un samedi d'août 1945. Tout semble sourire aux Corleone. Les affaires d'Il Padrino, l'un des hommes les plus puissants de la mafia New Yorkaise sont florissantes et il compte plus de relations politiques que Capone. De plus, il marie sa fille et son fils préféré, Michael, est de retour. Pourtant, alors que la fête bat son plein, un événement presque banal va venir gripper une machine parfaitement huilée. En refusant d'aider Sollozzo et d'intégrer son trafic de drogue, Vito Corleone n'imagine pas qu'il vient d'allumer la mèche d'une guerre entre les cinq familles mafieuses dont le second acte sera, trois mois plus tard, un attentat contre lui.


Critique :

 

"Le Parrain" c'est l'immersion dans l'univers de l'une des familles mafieuses les plus puissantes de New York, les Corleone, sur une période de onze ans post seconde guerre mondiale.
Au-delà du Parrain lui-même, un Don Vito Corleone charismatique, qui nous charme par sa perfidie, son intelligence, sa finesse et sa classe, Mario Puzo nous offre une galerie de personnages travaillés aux petits oignons.
Loin des clichés mafieux et à travers une écriture simple et sobre, Puzo développe une histoire, celle des Corleone, mais aussi des histoires dans l'histoire. On a ainsi droit à un mélange de roman noir, de romance et de roman historique.
C'est un monde d'hommes misogynes où la place de la femme est souvent réduite à celle du plaisir du mâle et de l'enfantement, mais on y entre, grâce à l'auteur, avec les doses de fascination et de répulsion qui vont bien, nous permettant d'apprécier à sa juste valeur un long récit. On comprend alors le succès qu'à rencontrée l'adaptation cinématographique de Francis Ford Coppola, resté aussi fidèle que possible à l’œuvre de Puzo même s'il lui manque le petit supplément d'âme que confère le livre à cette histoire ainsi que pas mal de détails qui permettent de comprendre les mœurs, la psychologie des personnages et certains faits. 
J'ai cependant regretté quelques longueurs dans ce pavé de plus de 800 pages en format poche et parfois des informations répétitives à quelques lignes d'intervalle. J'ai aussi été déroutée par la façon dont l'auteur à construit son roman. Il est en effet composé de six livres chacun découpé en chapitres, dont certains font la part belle à des personnages qui de secondaires deviennent principaux et où la famille Corleone est absente. Impatiente de les retrouver, et sans toujours saisir l’intérêt de ces intermèdes par rapport aux protagonistes Corleanais, je me suis sentie frustrée par moments. Ce n'est qu'après avoir refermé le livre et pris un peu de recul, que j'ai compris que c’était aussi une façon pour l’auteur de nous montrer comment toute personne qui croise un jour le chemin d'un Corleone est marquée d'un fer invisible qui influera sur la suite de sa vie, pour le meilleur ou pour le pire, directement ou indirectement. Et là on se dit whouaou, trop forts les Corleone et bien joué Mario !



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Mise en ligne le 25 décembre 2016.

MAJ le 29 janvier 2017