lexicon de max barry


Note :  3/5 

Une histoire complexe sans émotions dont le sens nous échappe. Thriller décevant malgré un récit haletant. 

 

364 pages en version numérique. 

 

Extrait : 

" - Le problème avec ton joli petit plan, objecta le plus grand, c'est que si tu restes là, dans vingt minutes, tu seras mort. Si tu rejoins ta petite amie, à qui, j'ai le regret de te l'annoncer, tu ne peux plus faire confiance, là aussi tu seras mort. Si tu fais autre chose que nous accompagner, rapidement et de ton plein gré, encore une fois, tu seras mort. Ça n'en a peut-être pas l'air, mais on est les seuls en mesure de te sauver. (Il braqua son regard dans celui de Wil.) Mais je vois bien que tu n'es pas convaincu, alors passons à une méthode plus directe. 

Il ouvrit son manteau. Un pistolet, court et large, était niché contre son flanc, le canon fourré dans un holster. Ce qui n'avait aucun sens parce qu'ils étaient dans un aéroport. 

- Viens, sinon je te colle une balle entre les deux reins."


Intrigue du roman :

 

En débarquant de l'avion, Wil Parker, simple charpentier sans histoire, s'imaginait prendre dans ses bras sa fiancée et rentrer tranquillement avec elle pour de douces retrouvailles. Il ne pensait sûrement pas se retrouver une seringue planté dans l'oreille et interrogé sans ménagement par deux hommes dans les toilettes de l'aéroport, pour savoir s'il préfère les chiens ou les chats, s'il s'entend bien avec sa famille, quelle est sa couleur préférée ou encore, pourquoi il l'a fait ? 

Qui sont ces hommes ? De quoi parlent-ils ? Pourquoi tout à coup, Wil se retrouve-t-il à devoir fuir avec ses dingues pour éviter d'être tué par d'autres dingues plus dangereux encore ? 

Et surtout, quel est le rapport entre lui et la mort de 3000 personnes à des milliers de kilomètres de là, dans une bourgade perdue d'Australie où il ne se souvient pas avoir mis les pieds et une certaine Emily, petite arnaqueuse à seize ans, devenue depuis une dangereuse tueuse après avoir été formée par une confrérie secrète ? 


Critique : 

 

"Lexicon" dont le titre restera à jamais un point d'interrogation pour moi, est un thriller confus au début, compliqué au milieu et pas clair à la fin. 

L'entrée en matière est pourtant fracassante.

Le lecteur est immédiatement dans le feu de l'action mais c'est incompréhensible. A la limite, ce n'est pas vraiment un problème si l'on considère qu'on est aussi paumé que Wil Parker, l'un des premiers protagonistes que l'on découvre. Il est balloté d'un côté et de l'autre, ses idées sont embrumées par, entre autres choses, la peur, la drogue qu'on lui a administrée et la douleur dans son oreille. On peut même penser que cette confusion, dans laquelle Max Barry nous fait plonger, est délibérée.

Sauf que la suite ne va pas être plus simple et nous permettre d'y comprendre grand chose. Même après avoir terminé le livre, je ne sais toujours pas pourquoi on lui à enfoncé une seringue dans l'oreille, ni comment Wil à été retrouvé et comment ils ont su qui il était vraiment, d'autant que lui-même n'en a aucune idée pendant une bonne partie du roman. 

La forme du récit ne facilite pas non plus la tâche du lecteur. 

D'un côté, on suit Wil Parker. De l'autre, une jeune fille prénommée Emily. J'ai mis un moment avant de comprendre que ce qui se passe avec elle, intervient en fait avant la première scène de l'aéroport. Petit à petit, les deux temps de l'histoire vont se rapprocher pour finir par se rejoindre, mais ce n'est pas évident à savoir puisque l'auteur ne nous dit rien.  

On notera par ailleurs, entre les chapitres, des éléments dont on ne saisit pas l'intérêt sur l'instant. Se succèdent des extraits d'articles de presse, des mémos, des notes, des mails. On pense qu'ils ont leur raison d'être et recèlent peut-être quelque chose d'important mais non. En tout cas, s'ils avaient un quelconque intérêt, je ne m'en suis pas rendue compte.  

S'agissant des personnages, on ne sait pas grand choses d'eux à l'exception d'Emily. Rien ne nous les rend attachants ou attirants. Tout comme le récit lui-même, ils sont pratiquement dénués d'émotions. A noter que dans ce roman, les émotions et les désirs sont considérés par la confrérie des poètes, comme source de vulnérabilité. Ceci explique peut-être cela. Pour autant, nous priver, nous lecteurs, d'émotions, va à l'encontre même de ce que la plupart d'entre nous recherchons dans un livre. Difficile d'accrocher dans de telles conditions, à la fois à l'histoire et aux personnages. 

En revanche, on ne peut pas dire qu'ils ne sont pas intrigants, justement par cette sorte de pouvoir, de maîtrise qu'ils possèdent sur eux-mêmes et sur les autres et qui apporte un petit côté science-fiction au récit. Malheureusement, pauvres lecteurs que nous sommes, puisque nous ne réussissons pas à comprendre vraiment le fonctionnement de ce truc ni comment ils en sont arrivés là, nous en ressortons frustrés. 

Le pouvoir de persuasion, par l'usage de mots appropriés selon la catégorie chiffrée dans laquelle chaque individu entre, ainsi que le fameux lexème après lequel tout le monde court, restent au final un mystère. Pourtant, le cœur de l'histoire et son dénouement sont censés être là. La compréhension du mécanisme devrait être essentielle. Et ben non, on reste le cul par terre sur un carrelage bien froid. 

Quant à l'écriture, elle est plutôt saccadée et pas désagréable en soit à l'exception d'un bémol sur les dialogues. Il m'a fallu, en effet, en reprendre certains pour ne pas me tromper sur qui disait quoi. 

Bref, une histoire haletante certes, mais complexe, dénuée d'émotions et dont de nombreux aspects nous échappent. Décevant. 



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Mise en ligne le 29 juillet 2016