play - Le jeu tome 1 - de anders de la motte


 

 

 

Note : 3.80/5
Un thriller prenant malgré un manque d’action.

 

Extrait :
" Bienvenue dans une nouvelle dimension du Jeu, un monde où la réalité est un Jeu et le Jeu une réalité. Bienvenue dans l'expérience la plus extrême au monde ! Bienvenue dans LE JEU ! "


Intrigue du roman :

 

À 31 ans, Henrik Pettersson, dit HP, vit de petits boulots et trafics en tous genres. Intelligent, vif d'esprit mais paresseux, égocentrique et peu fiable, il recherche toujours la facilité. Entre fumette, jeux vidéos, films pornos, coups d'un soir et petits délits, il mène une vie plutôt solitaire, sans attaches particulières et surtout sans engagements. Alors lorsqu'il trouve un téléphone portable de marque inconnue, il y voit l'opportunité d'en tirer un bon prix pour s'acheter un peu d'herbe. En plus, ça tombe bien, son nouveau job au McDo s'était vraiment pas son truc. Le seul hic c'est que ce téléphone n'arrête pas d'afficher la question "Tu veux jouer ?" et qu'il a beau répondre non, le message revient à intervalles réguliers. Non, non et encore non, HP ne veut pas jouer, il veut juste pouvoir s'en servir un peu avant de s'en débarrasser. Mais lorsque la question devient "Tu veux jouer, Henrik Petterson ?",  puis "Tu es vraiment sûr que tu ne veux pas jouer, HP ?" c'est si bizarre et excitant que Henrik, croyant à une blague d'un pote, accepte le défi. Sans le savoir, il vient d'entrer dans un univers où la frontière entre le virtuel et le réel n'existe plus. Quelles seront les conséquences de son choix ? Et qui se cache derrière le mystérieux Maître du Jeu ?


Critique :

 

"Play", premier roman (2010) du suédois Anders de la Motte, constitue aussi le premier tome de sa trilogie "Le Jeu".
Ce thriller à l'écriture décontractée, est plutôt agréable à lire si on excepte les nombreux noms de rues et de villes suédoises imprononçables.
L'intrigue est attirante et dès les premières lignes on s'attend à vivre une expérience livresque digne de ce nom. Un conseil pour ne pas risquer la déception, ne mettez pas la barre trop haut. Non pas que le roman soit mauvais, loin de là, mais n'en attendez pas plus que ce qu'il est prêt à vous donner.
Le récit est prenant mais semble confus par moments, peut-être un effet de la façon dont l'auteur a construit son histoire. On alterne, en effet, entre les péripéties de HP et la vie d'un autre personnage, Rebecca Normén. Le passage de l'un à l'autre est constant, parfois pour seulement quelques lignes, on peut donc s'y perdre. Autre aspect négatif de cette construction, cela casse le rythme ce qui est dommage même si on peut penser que c'est volontaire.
Un héros donc et un autre personnage central au regard de la part que lui confère l'auteur dans son roman, sans que l'on comprenne vraiment pourquoi. Et oui, jusqu'à la fin on se demande quel rôle joue réellement Rebecca dans le jeu parce qu'au-delà de son lien avec HP on croit pressentir qu'il y a bien autre chose. On suppose que le tome 2 nous apportera un nouvel éclairage.
Henrik Pettersson est le type même de l'anti-héros, un loser attachant qui nous amuse et nous exaspère en même temps. Un grand gamin de 31 ans, insouciant et irresponsable qui rêve de gloire virtuelle. Le pigeon idéal pour le Maître du Jeu. Contrairement à lui, Rebecca est réfléchie, sérieuse, acharnée au travail (garde du corps). Une femme de 34 ans à la personnalité plus complexe qu'on ne peut l'imaginer et dont un aspect nous est révélé, l'air de rien, à la fin du roman. Ce personnage n'a peut-être pas fini de nous étonner.
À noter que ce côté, je vous donne des infos l'air de rien que je pose là entre deux, est un petit truc que Anders de la Motte manie très bien. Le problème c'est que c'est noyé dans pas mal de bla bla et qu'on risque de passer à côté. Peu de dialogues mais beaucoup de réflexion de la part de HP surtout. On le suit dans ses montées et descentes d'adrénaline lorsqu'il accomplit quelques missions pour le jeu, mais surtout, on suit ses cogitations, ses atermoiements, ses questionnements, ses hypothèses et ses découvertes. Au final, il n'y a pas autant d'action que ce à quoi on aurait pu s'attendre.
Il ne se passe donc pas grand chose mais l'histoire est insidieuse, presque sournoise, elle avance à petits pas, comme le Maître du Jeu, pour nous prendre dans ses filets. La mise en place des personnages se fait ainsi jusqu'à la dernière ligne et encore, on se dit que tout n'a pas été révélé. Idem pour le jeu lui-même. On en sait pas beaucoup plus après avoir refermé ce premier tome qu'au début et forcément l'appel du deuxième opus se fait entendre, d'autant plus qu'à la fin l'auteur se la joue, hop hop hop, ni vu ni connu j't'embrouille encore un peu plus dans une douceur et une bienveillance apparentes. Aussi inattendu que déroutant.
Anders de la Motte arrive ainsi sans forcer, à maintenir la pression par des micros événements et à nous plonger dans les théories les plus folles où big brother a toute sa place. Il s'amuse à nous perdre dans les apparences. On croit comprendre mais il n'en est rien, exactement comme HP. 
Bref, cet auteur prend un malin plaisir à jouer sur les ambiguïtés et à semer le doute dans nos esprits jusqu'à la dernière seconde. Il a l'art et la manière de ménager ses effets et de nous faire cogiter. 
Et si le Maître du jeu n'était autre qu'Anders de la Motte ?  Et si nous, lecteurs, étions tombés dans son piège ? Et si nous étions les manipulés de l'histoire ?
En tout cas, une chose est certaine : le jeu ne s'arrête jamais. Alors let's go pour le tome  2 : Buzz - Virtuel ou réel.



Écrire commentaire

Commentaires : 0

Mise en ligne le 20 novembre 2016.

MAJ le 12 janvier 2017.